Dans le cadre d’une démarche de Qualité environnementale du cadre bâti, le maître d’ouvrage a le choix entre plusieurs niveaux d’exigences qui conditionneront le travail de la maîtrise d’œuvre. La démarche Haute Qualité Environnementale (HQE) a été élaborée à la fin des année 90, elle forme aujourd’hui le noyau de la réflexion environnementale ‘à la française’ et constitue une exigence minimale pour garantir, à moyen terme, tant la valeur patrimoniale du bâtiment, que sa valeur d’usage.

La construction d’un bâtiment avec une démarche peut faire l’objet d’une certification, en se référant à un cahier plus ou moins précis et contraignant selon le niveau d’exigence recherché.

Depuis peu en France, avec l’évolution des Règlementation Thermique, un niveau performance énergétique minimal du bâti est un prérequis à l’obtention d’un permis de construire ; nous pensons que cette évolution va dans le bon sens, bien qu’elle ait été trop brutale et qu’elle néglige près de 98% des constructions, n’ayant donc qu’un impact négligeable sur les économies d’énergie. De plus, ce durcissement de la législation a complexifié le processus de maîtrise d’œuvre en multipliant les intervenants, et a alourdi les coût d’étude pour les Maîtres d’ouvrage, qu’ils soient publics ou particuliers. Mais cela oblige enfin les concepteurs à remettre en question leurs habitudes et à s’impliquer sincèrement dans la démarche d’économie d’énergie (… en attendant mieux).

Bien que les démarches de certifications ne débutent qu’à l’Avant Projet (juste avant le Permis de construire) et peuvent se prolonger au delà de livraison du bâtiment, (pour certains en examinant les consommations d’énergie sur plusieurs années), il est nécessaire qu’un objectif précis de label soit arrêté dès l’esquisse du projet : tous ces label se déclinant selon plusieurs niveaux d’exigence, ce choix a des conséquences déterminantes, tant sur le projet architectural, que sur l’enveloppe financière.

Au-delà d’une démarche HQE et selon le programme de construction envisagé, plusieurs organismes délivrent différents labels dont exigences sont très disparates, et plutôt focalisés sur l’enjeu acoustique et énergétique :

- Qualitel délivre plusieurs labels qui concernent l’habitat individuel ou collectif neuf: Haute Performance Énergétique (HPE), Très Haute Performance Énergétique (THPE), Bâtiment Basse Consommation (BBC Effinergie), Bâtiment à Énergie Positive (BEPOS).

- Cerqual (affilié à Qualitel) délivre label « Habitat et Environnement » inspiré de le démarche HQE, dont le référentiel embrasse la question environnementale de façon très large. Il est décliné en plusieurs options selon les critères énergétiques de Qualitel : HPE, THPE, BBC, BEPOS. A compter de 2013, l’ensemble des bâtiments neuf doit être au niveau BBC, sans pour autant faire l’objet d’une labellisation, seules les consommations énergétiques doivent être certifiées par un ingénieur thermicien.

- Certivea délivre le label NF Bâtiments tertiaires

- Démarche HQE pour les bâtiments de bureau, d’éducation, et tout le secteur tertiaire. Il concerne les constructions neuves et les rénovations répondant aux critères HQE.

- Des labels « Minergie » (Suisse) et « PassivHaus » (Allemand), élaborés depuis près de quinze ans, sont également disponibles en France, très focalisés sur les consommations énergétiques, ils sont plutôt adaptés à l’habitat et aux petits projets tertiaires. Les labels BREEAM et LEED ont été développés simultanément par les pays anglo-saxons, d’une façon similaire au HQE, et tous s’affrontent pour tenter de prendre le dessus au niveau des institutions européennes ou internationales.

- Plusieurs labels s’appliquent à la rénovation des bâtiments anciens. Ce secteur est en pleine mutation, c’est sur les bâtiments existants – qui sont les plus énergivores – qu’il y a le plus d’économies à réaliser. Mais ce sont également ces efforts qui sont les plus durs à mettre en œuvre et les plus coûteux. (à suivre)

A l’instar des labels suisses et allemands, qui sont culturellement plus impliqués sur la question, nous regrettons que la règlementation français n’intègrent que très partiellement la notion d’éco-construction. Un label ‘Matéraux bio-sourcés’ a vu le jour en 2012, mais il est dissocié des démarches de certifications courante (BBC, BEPOS).

Dans notre démarche projectuelle, comme sur les chantiers, nous militons pour un tel rapprochement en favorisant l’utilisation de matériaux naturels et bio-dégradable, et en concevant des dispositifs dont le cycle de vie est maîtrisé. En attendant la mise au point d’un réel label THQE, qui pour l’heure n’existe pas.