Puisque la question première que nous nous posons est celle d’un habitat, d’une ville et d’un environnement sain, économe et durable ; la mise en place d’une stratégie propre au programme à réaliser et au contexte dans lequel il doit s’inscrire, est indispensable pour tenir compte du maximum des paramètres qui conditionnent la réussite d’une projet de construction.

Potentiels d’un site
Les caractéristiques du site, à savoir : l’altitude, la déclivité et la forme du terrain, son ensoleillement, son hygrométrie, son exposition aux intempéries ; tout cela conditionne la performance énergétique d’un projet. Bien choisir l’implantation d’un bâtiment c’est maximiser le potentiel de captation de rayonnement solaire, se servir du site pour se protéger des intempéries.

Il s’agit pour nous de trouver un accord optimal, tant esthétique que fonctionnel, entre ce qu’on édifie et le lieu où l’on s’implante.

3 critères et 3 stratégies :

Approche énergie / eau / déchets : dans un premier temps, on cherche à définir les potentialités d’un site par rapport au projet envisagé. Potentiel de captage énergétique (soleil, géothermie, …), de captage en eau, de recyclage des déchets organiques in-situ, pour établir le degré d’autonomie du bâtiment par rapport aux infrastructures. On définit ainsi un cahier des charges écologique, où tel objectif est favorisé en fonction du budget disponible et de son rapport investissement/bénéfice.

Stratégie passive : en fonction du contexte, maximiser : le captage passif, l’inertie thermique, l’éclairage naturel, l’efficience énergétique
Stratégie positive : bâtiment passif équipé de systèmes techniques performant , et de panneaux solaires dont la production annuelle excède les besoins en électricité.
Stratégie écologique : projet de bâtiment passif en éco-construction où les matériaux prescrits sont produit régionalement selon des procédés durables. On limitera le nombre et la puissance des équipements, tout en sensibilisant les usagers à des pratiques éco-responsables. L’objectif visé étant des construire un bâtiment autonome en eau et énergie, et dont les rejets sont traités in situ.

Potentiels régional
Le choix de matériaux produit régionalement est le premier geste qui favorise l’intégration architecturale du projet dans son contexte. Plus que les questions d’esthétique, c’est la quantité d’énergie grise utilisée pour la construction que l’on va optimiser. Dans les grandes agglomérations, la disponibilité de matériaux produit régionalement peut s’avérer difficile, tant l’économie de la construction s’est organisée sur la proximité des infrastructures.

Projet architectural
Notre démarche projectuelle est ainsi déterminée par l’optimisation des performances du bâtiment. La mise en forme du programme doit faire émerger une évidence architecturale qui combine efficacité et simplicité. Nous privilégions une démarche constructive plutôt que conceptuelle, bien que notre pratique ait pour fondement la culture moderne et la conception d’espaces

Certification / Labellisation
Labels européens : Le label allemand PassivHaus et le label suisse Minergie existent depuis plus de 10 ans. Ils se concentrent sur les aspects énergétiques. Ils sont efficaces à appliquer, offrent un cadre de travail simple et précis.
> http://www.minergie.fr/
> http://www.lamaisonpassive.fr/ (site de l’association française)

Labels français : La France a bien du retard sur ses voisins européens. Les français ont conçu la Démarche HQE qui aborde la question écologie dans son ensemble, sans trop se soucier des aspects énergétiques qui sont pris en compte réglementation thermique. Il se fonde principalement sur des notes d’intension sans obligation quantitative. Les questions énergétiques y sont secondaires.
> http://www.assohqe.org/

Depuis 2003, Cerqual filiale de l’association Qualitel délivre des labels Habitat et Environnement pour les logements neufs collectifs ou individuels groupés. Bien que complexe, cette certification offre un cadre structuré et précis à la conception de bâtiments respectueux de l’environnement. Plusieurs niveaux de certification peuvent être obtenus, en fonction des caractéristiques du projet, et englobent des thématiques qui ne sont pas seulement énergétique ou environnementale, comme l’acoustique, et l’accessibilité en personnes handicapées. Le référentiel Habitat & Environnement reste très lacunaires sur la construction en bois, et l’éco-construction en générale, ainsi que sur les modes de chauffage qui utilisent les techniques passives.
> http://www.cerqual.fr/

Le label Effinergie se veut s’équivalent français des labels suisses et allemands. Il ne concerne que la performance énergétique et trouve sont équivalent dans la certification H&E. Un label BEPOS doit voir le jour prochainement, il concernera les bâtiments à énergie positives.

L’évolution et la diffusion des démarches environnementales reposent, en France, sur le respect (obligatoire) de la Réglementation Thermique en vigueur, qui a fortement évoluée ces dernière année. La RT2012 va constituer un jalon quant à la prise en compte de la consommation énergétique des bâtiments en France, à court terme le label BEPOS va se généraliser.